dimanche 29 septembre 2013

Tca et sexualité : incompatibles ?

Les Troubles du Comportement Alimentaire, affectent bien évidemment en priorité le mental et aussi le corps, mais leurs effets secondaires sont plus étendus, atteignant la vie sexuelle du/de la malade. Un véritable problème pour la vie de couple, le sexe étant tout de même un facteur important dans une relation.

Alors pourquoi cette baisse d'appétit sexuel ? Est-ce mental ou un effet physique de la maladie?
Et comment vivre avec et surtout surmonter ce problème ?

Voici un rapport de J.M Huet diplome de sexologie a l'universite de Paris V., qui en dit long :



"Cette consultation s’adresse spécifiquement aux personnes souffrant de troubles du comportement alimentaires et de troubles de la sexualité. L’expérience clinique montre clairement que les personnes souffrant de TCA, quelle que soit la durée ou l’évolution de la maladie, ont plus de difficultés par rapport à la sexualité que la moyenne de la population. Les premiers résultats statistiques de l’étude « Sexualité et troubles du comportement alimentaire » que j’ai lancée en 2009 et qui continue à ce jour semblent le corroborer particulièrement.

En effet, tout semble démontrer que la sexualité des personnes souffrant que ce soit d’anorexie, de boulimie, de compulsions alimentaires est particulièrement touchée par la maladie, même quand les symptômes ont diminué, voire disparu. On peut même postuler que ces symptômes touchant la vie sociale, affective et sexuelle constituent le dernier refuge de la maladie. Ces personnes même considérées comme guéries au point de vue de la symptomatologie alimentaire ne jouissent pas pour autant d’une « santé sexuelle » au sens défini par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) entre 1972 et 1975 soit :

Une capacité de jouir et de contrôler le comportement sexuel et reproductif en accord avec l'éthique personnelle et sociale.
Une délivrance de la peur, de la honte, de la culpabilisation, des fausses croyances et des autres facteurs psychologiques pouvant inhiber la réponse sexuelle et interférer sur les relations sexuelles.
la santé reproductive, nécessitant une absence de troubles, de dysfonctions organiques, de maladies ou d'insuffisances susceptibles d'interférer avec la fonction sexuelle et reproductive.
Ces trois points fondamentaux doivent être compris, selon l'OMS, comme étant des droits de l'individu et des devoirs de la société à leur égard.



La question de l’abord de la sexualité par les personnes atteintes de TCA est une question relativement nouvelle dans le champ thérapeutique, que ce soit dans le domaine de la lutte contre les troubles alimentaires ou de la sexologie générale. En effet, l’accent a d’abord été porté sur la question de la survie et la continuation des nécessités vitales des sujets atteints de troubles alimentaires. La sexualité ayant la caractéristique paradoxale de ne pas être strictement nécessaire à la survie de l’individu, même si elle l’est à celle de l’espèce, la question de la sexualité avait été largement négligée dans l’abord thérapeutique des TCA. Maintenant que les progrès de la science médicale ont limité les risques vitaux pour les TCA mais aussi fourni à beaucoup de patients la possibilité de mener une vie autonome, la question de la qualité de vie de ceux-ci reste à poser de manière beaucoup plus fine.

Pour cela, la première consultation spécialisée de sexologie pour les personnes souffrant de troubles alimentaires a été mise en place. Celle-ci se fonde sur une double compétence en sexologie et sur les troubles alimentaires. L’approche sexologique générale manque le plus souvent d’une solide expérience des problèmes spécifiques posés par les symptômes des troubles alimentaires alors que les thérapeutes spécialisés dans les TCA ne possèdent que rarement voire exceptionnellement une compétence sexologique.

En effet, la spécificité des symptômes alimentaires nécessite une connaissance approfondie des peurs et des angoisses des sujets souffrant de TCA et de leurs conséquences sur la sexualité. Le travail sur les parties les plus intimes de l’histoire sexuelle et psycho-affective de la personne nécessite tact et franchise de la part de tous. Ceci d’autant plus que le vécu de la sexualité est généralement un sujet sensible, parfois traumatique, pour les personnes souffrant de TCA."

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